Les corps pensants

Arts vivants créateurs et médiateurs de savoir

« Les corps sont des palimpsestes de savoirs. Chaque geste, chaque trace que l’on porte est la marque d’un apprentissage, d’une sociabilité, d’un échange. Tous les corps ont quelque chose à dire du monde, et pourtant, l’accès aux savoirs reconnu est inégalement répartit. Comment et par qui les savoirs sont-ils produits ? La réponse à la question requiert de passer par les corps. En effet, mener une recherche sur la production des savoirs ne dépend pas seulement de ce qui est dit, mais aussi de comment la chose est dite : avec quels corps, quels répertoires de gestes, avec quelle intention et pour quelle réception ? Lorsque l’on parle de la « posture » des chercheur.e.s par exemple, le terme n’est pas que métaphorique,il renvoie aussi à une attitude physique. Et les deux sens du mot sont intrinsèquement liés car nous n’avons pas un corps, mais nous sommes des corps.

Puisque l’imaginaire collectif est perpétuellement incorporé, puisque l’expression des corps peut être à la fois aliénant et libérateur, l’atelier des « corps pensants » se propose de mettre en scène les corps et de faire usage de la création pour révéler, conscientiser et redonner un accès libre aux savoirs des corps. »

Lise Landrin, Julie Arménio

Il s’agit de questionner nos quotidiens, de s’inspirer de la microsociologie, de lire collectivement des textes en sciences sociales, de développer l’esprit critique grâce aux apports théoriques d’enseignantes chercheuses, d’explorer nos lieux communs, d’expérimenter les cartes sensibles afin d’aboutir à une réponse performative dans l’espace public.


Violente Paix

À partir de l’immersion dans le quartier Presqu’île de Grenoble (2019-2022)

« Violente paix, termes contradictoires à première vue.
Et pourtant, tout le monde ne serait pas d’accord. « Nous » vivons dans une société en paix, dans une période de paix, à n’en pas douter. Mais qui est ce « nous » ? Qu’est-ce que la paix ?
“Violence paix” est un slogan trouvé sur les murs du quartier Saint Bruno à Grenoble au moment où Claire, Lise, Julie et moi préparions ce workshop. Il a surgi au bon moment pour nourrir nos réflexions sur la violence structurelle de l’urbanisme, du néolibéralisme, des politiques martiales qui nous dirigent, et finalement de la transition écologique…
Violente paix ouvre une voie pour rechercher la face cachée de notre société, pour regarder au-delà des récits hégémoniques et écouter les contre-récits. »

Karine Gatelier, chercheuse indépendante à Modus Operandi.

En collaboration avec Julie Arménio, Lise Landrin et Karine Gatelier (avec l’Université Grenoble Alpes)

Télécharger le livret Violente Paix

Ensemble mais séparés

À partir de l’œuvre de E. Goffman « L’arrangement des sexes » (2018-2019)

Après la lecture de cette œuvre et le suivi des cours auprès de leurs enseignantes, les étudiant-es participent à une semaine de workshop dans laquelle enseignantes, artistes et étudiant-es en licence de Géographie créent et pensent collectivement.

Lors de cette semaine, nous explorons les lieux communs, nous glanons des postures, nous observons l’arrangement des sexes dans l’espace public, nous dessinons des carto-strates et nous créons collectivement une réponse performative.

La dernière a eu lieu dans le tram est prend la forme d’une partition dansée.

Expériences menées en collaboration et en présence de Julie Arménio (metteuse en scène), Lise Landrin (doctorante et enseignante en Géographie) et Claire Revol (maîtresse de conférence et chercheuse en philosophie et en géographie).

Remerciements Université Grenoble Alpes, Laboratoire Pacte, Performance Lab et l’EST (Espace Scénique Transdisciplinaire)